"L'éducation ne consiste pas à gaver mais à donner faim."
Michel Tardy, sociologue

mercredi 5 janvier 2011

Pour ces mois de janvier et février, votre mission, concernant l'entrainement de votre mémoire, est de choisir un texte que vous aimez, de l'apprendre, de le présenter et de le réciter à la classe. Vous pouvez adopter aussi bien une poésie, qu'un texte en prose issu de votre livre préféré ou alors un extrait d'une pièce de théâtre ou encore un texte de chanson ou de slam que vous trouvez intéressant. Vous pouvez présenter ce texte avec un(e) camarade de classe par exemple pour un extrait de théâtre.
Bon courage.

Ma Bohème Arthur Rimbaud (1854-1891)

Une célèbre photographie d'Arthur Rimbaud alors qu'il est adolescent

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal;
Oh! Là! Là! Que d'amours splendides j'ai rêvées!

Mon unique culotte avait un large trou.
-Petit Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était la Grande-Ourse.
-Mes étoiles aux ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes.
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes 
De rosées à mon front, comme un vin de vigueur;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques, 
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur!

Rimbaud dessiné par son ami et poète Verlaine (1875)
Rimbaud dessiné par Picasso (1960)






"Zazie dans le métro" de Raymond Queneau

Ce livre de Raymond Queneau a été publié en 1959.

Synopsis
 
 Zazie débarque à Paris pour la première fois chez son tonton Gabriel. Le Panthéon, les Invalides et le tombeau véritable du vrai Napoléon, elle s'en contrefiche. Mais kesski l'intéresse alors, Zazie, à part les bloudjinnzes ? Le métro. Et quand elle apprend que ses employés sont en grève, les injures fusent. C'est qu'il vaut mieux pas la contrarier, la mouflette !
 

Résumé

Gabriel, à la gare d’Austerlitz, attend l’arrivée de sa nièce, Zazie, «une mouflette» que lui confie pour deux jours sa mère, Jeanne Lalochère, qui vient voir un «Jules» à Paris.
Zazie a son franc parler, le sens de la répartie et n'est pas du genre à se laisser impressionner.
Elle voudrait découvrir le métro, mais il y a une grève. Zazie et son oncle prennent donc le taxi de Charles, un ami de Gabriel. Itinéraire imprécis car les deux compères sont incapables de s’accorder sur le nom des bâtiments.
Gabriel promène donc sa nièce dans le taxi de Charles, mais rien n'intéresse Zazie, qui ne cesse de faire des fugues au cours desquelles elle est l'objet de sollicitations diverses que la gamine, fort avertie, déjoue sans émotion.
Au soir de sa deuxième journée à Paris, après une mémorable poursuite en voiture à travers Paris, Zazie se retrouve avec tous ceux qu'elle a connus en deux jours : Turandot, le propriétaire de Gabriel, et son perroquet Laverdure ; Charles, le taxi ; Gridoux, le cordonnier ; la veuve Monaque, une hystérique ; Trouscaillon, un policier douteux ; Albertine, la femme de Gabriel ; Mado, la fiancée de Charles. Gabriel a invité tout le monde à souper dans un café.
Une bagarre se déclenche, où les combattants s'envoient à la tête une profusion d'assiettes de choucroute, tandis que Zazie, épuisée, s'endort appuyée à une table.
Finalement Jeanne Lalochère quitte son «jules» qui l’a déçue. À la gare, elle retrouve Zazie, qui est accompagnée d’un type en qui elle reconnaît Marcel. Elle demande à sa fille ce qu’elle a fait, et celle-ci lui répond : «J’ai vieilli.»

Dans ce livre Queneau mélange avec aisance plusieurs registres de langues et utilise des mots tirés aussi bien de l'argot que des mots savants et même parfois des mots inventés par lui. C'est à cela que l'on reconnaît à cette œuvre un style unique qui lui donne un ton joyeux et pétillant comme le caractère de son héroïne Zazie.

 Raymond Queneau (1903- 1976)

queneau3.gif (11626 octets)«Le plus savant des mystificateurs, le plus gai des érudits». 
                                                                                                                                      Jean d'Ormesson

Queneau est un véritable acrobate. Toute sa vie il a jonglé entre littérature et mathématiques, malice et gravité, tendresse et dérision, érudition et innocence, humour et amertume. Curieux de tout, il a eu également une ambition encyclopédique ( la liste des livres qu'il a lus et souvent relus, établie par lui même, comporte environ 10 000 titres) et une volonté d'effectuer une recherche permanente sur le langage.
C'est Exercices de style, en 1947, qui lui assure son premier grand succès public. Zazie dans le Métro , en 1959, lui apporte la consécration.

Pour écouter les Exercices de style mis en voix c'est ici :



En 1960, Queneau fonde l'OuLiPo (Ouvroir de la Littérature Potentielle) avec son ami François Le Lionnais. L'OuLiPo c'est ce laboratoire littéraire préconisant l'utilisation de structures mathématiques dans la création littéraire; atelier dans lequel Queneau et ses amis ( notamment Georges Perec, Jacques Roubaud et Italo Calvino ) inventeront de nouveaux mécanismes. C’est le cas de la méthode "S+7" , consistant à remplacer chaque mot d’un texte (à l’exception des mots-outils) par le septième mot suivant dans le dictionnaire. Ainsi Queneau transforme-t-il la fable de La Fontaine,  la Cigale et la Fourmi en la célèbre  
Cimaise et la Fraction :

La Cimaise ayant chaponné tout l’éternueur
Se tuba fort dépurative quand la bisaxée fut verdie
Pas un sexué pétrographique morio de mouffette ou de verrat.
Elle alla cocher frange
Chez la fraction sa volcanique…

Parmi les exemples les plus célèbres , on peut également citer la Disparition de Georges Perec, dans lequel ne figure pas une seule fois la lettre e; e qui est pourtant le caractère le plus utilisé de la langue française.
Queneau a également publié sur la fin de sa vie des recueils de poésie (Courir les rues, 1967; Battre la campagne, 1968! Fendre les flots, 1969). Il est considéré aujourd'hui comme un des grands auteurs français du vingtième siècle. Jean d'Ormesson qui l'a bien connu et qui pendant trois ans, tous les mardi soirs au sortir du comité de lecture de Gallimard le raccompagnait chez lui , lui rend cet hommage : "Une prodigieuse tendresse pour les êtres se combinant chez lui avec le goût de l'imposture, personne ne peut douter que Queneau soit un vrai et un grand poète."

Virginie Delisle
(sources : http://www.alalettre.com/queneau.php)
Pour s'amuser avec les mots et devenir comme Queneau un Oulipien, c'est ici:
 OULIPO

Le livre a été adapté en 1960 par le réalisateur Louis Malle:



et en bande dessinée par Clément Oubrerie en 2008, ( cliquez sur l'image pour voir des planches de l'album).


lundi 3 janvier 2011

Une révolte de collégien

OBJECTIFS : lecture / vocabulaire
  • le voc des sentiments : la colère
  • les registres de langue

support : Texte 3 - Kamo- l’Idée du siècle, Daniel Pennac
manuel pages 356-357

Activité :

* Lecture + vocabulaire

A) La situation d’énonciation :
Qui raconte ? Le narrateur fait-il partie de l’histoire ?

Le narrateur est un adolescent, il fait partie de l’histoire et raconte à la 1ère pers. Ici, il dialogue avec son meilleur ami, Kamo.
Le narrateur annonce à Kamo qu’à son entrée en 6ème ses parents le priveront de télévision.

B) Les sentiments :
Dans cet extrait, relevez les expressions et indices qui montrent les sentiments de Kamo face à cette nouvelle? Quel est ce sentiment ?

  • Kamo exprime une forte colère face à l’attitude des parents ; Kamo refuse d’être privé de tout parce qu’il rentre en 6ème et il ne veut pas faire le sacrifice de ces loisirs.
  • La colère de Kamo se traduit par beaucoup de phrases exclamatives (!)  qui traduisent son emportement.
  • Le langage est familier, parfois vulgaire : « conneries », « fais gaffe », « clébard ».
Le jeune âge du personnage et l’amitié des deux garçons expliquent aussi ce niveau de langue.


C) Application :

Relever les mots familiers utilisés dans le texte et chercher des synonymes en langage courant.
Langage familier
Langage courant
Créchon
Frangin
Beugler
Conneries
Rigoler
Clébard
Fais gaffe
Engueulé
Dingue
Camarade de crèche
Frère
Hurler
Bêtises
Rire
Chien
Fais attention
Disputé
Fou
    Pour communiquer on adapte son langage au destinataire du message et on choisit un registre de langue.
Il existe 3 niveaux de langue :
  • le registre familier : il s’emploie dans la langue orale entre personnes proches. (abréviations, mots étrangers, tournure relâchée…)
    ex : j’ai la dalle !

  • le registre courant : c’est celui de la langue orale plus officielle et de la langue écrite, il est employé pour les échanges quotidiens. (mots communs, phrase simple mais construite…) 
    ex : j’ai faim
  • le registre soutenu : c’est celui de la langue littéraire. Il s’emploie surtout à l’écrit (mots rares, phrases longues et complexes…)
    ex : je suis affamé

    On complètera le cours par la leçon sur le manuel page 356.

lundi 13 décembre 2010

séquence2 séance 5 : La communication.

Support : Textes - La Sixième, Susie Morgenstern
Activité :

A) La communication : l'émetteur et le récepteur.

Relis le texte La Sixième.

Qui parle à qui dans les dialogues ?
Il y a 3 personnages : Margot, sa mère et sa sœur (Anne). On peut remarquer qu'il y a une discution entre chacun des personnages:
  • Anne s'adresse à Margot (ligne 12)
  • Margot s'adresse à sa mère (ligne 33) qui lui répond (ligne 34)
  • Margot s'adresse à Anne (ligne 68)
  • Mme Melo s'adresse à Anne (ligne 74) qui lui répond (ligne 76)
a) Pour comprendre un texte, le lecteur doit se poser les questions suivantes :
Qui parle ? A qui ? où ? quand ? Pour dire quoi ? Les questions qui restent sans réponse sont pourquoi? Et à qui la plupart du temps.
Lorsque l’on cherche à répondre à ses questions, on analyse la situation de communication ou d’énonciation.

Une situation de communication s'établit quand quelqu'un s'adresse à quelqu'un d'autre à un moment et en un lieu donnés avec une intention particulière.
Communiquer c’est transmettre une information ou en recevoir une, c’est s’adresser à quelqu’un pour transmettre un message.
Ex : Margot s'adresse à sa mère la veille de la rentrée en 6ème alors qu'elle est dans son lit pour lui faire part de son angoisse.

b) Quelles conditions sont nécessaires pour parvenir à communiquer ?
Pour communiquer, il faut au moins deux intervenants et un mode d’expression (code) commun aux deux individus pour qu’ils puissent se comprendre.
  • l'émetteur est à l'origine du message : c'est la personne qui dit ou écrit le message.
  • Le récepteur est la personne qui reçoit le message. Le destinataire est celui à qui le message est destiné.
    schéma de communication:
Communiquer c’est être en contact, en relation. Précisément, c’est s’adresser à quelqu’un grâce à un code commun pour lui transmettre un message.

  ÉMETTEUR================= RÉCEPTEUR (DESTINATAIRE)
                                   Message
                     Code (oral, écrit, gestes, son)

Application au texte de La Sixième :

Ex : Margot=============== mère Anne =================== Margot
                    Peur de la rentrée                   pas de cartable le 1er jour
 
B) Deux sortes de communications.

Dans le texte quels sont les 2 modes de communication que tu peux observer ?
Dans ce texte nous pouvons remarquer 2 sortes de moyens de communications : des dialogues marque d' un message oral et une lettre marque d'un message écrit.
A l'oral, les interlocuteurs peuvent être en présence l'un de l'autre (comme dans le texte): dans ce cas, le ton de la voix, le regard l'expression du visage, les gestes participent à cette communication. Ils peuvent aussi communiquer à distance par le téléphone, la radio, la télévision, ou l'internet.
A l'écrit, le récepteur ne sait pas à quel moment et où le message a été émis : ce moment et ce lieu doivent donc être précisés dans le texte lui-même.
Par exemple on pourrait imaginer pour la lettre de Margot : Paris, le 1er Juillet 2010.

C) Les mots qui renvoient à la situation de communication.
 
Relevez les pronoms par lesquels les personnages se désignent eux-mêmes.
Pour se désigner les personnages utilisent des mots tels que : je ; j' ; ma ; mon ; moi ; mes . Ces sont des pronoms personnels et des pronoms possessifs.
 
Par quels mots chacun des personnages désigne-t-il son interlocuteur?
Ils utilisent des pronoms tels que : tu ; t' ; toi ; toi-même.

Les mots qui désignent l'émetteur et le récepteur:
- l'émetteur :je, j', me, moi, mon, ma, mes...
- le récepteur :tu, te,t', ton, ta, tes, vous, votre, vos...
- l'émetteur et le récepteur : nous, notre, nos.

Le temps des verbes : le présent exprime le moment où l'émetteur parle.
Ex : « Maman, j'ai peur de la sixième. »

Les mots qui désignent le lieu et le moment :
- le lieu de la situation de communication est ici. Il s'oppose à tous les autres lieux : ailleurs, loin, là-bas...
- le moment de la communication est en ce moment, aujourd'hui, maintenant. Par rapport à ce moment, on repère demain, hier, après demain, avant-hier, dans huit jours, il y a huit jour, le mois prochain, le mois dernier ...